• Mémoires en noirs et blancs

    Lila Quintero Weaver, Darkroom, mémoires en noirs et blancs, Paris, Steinkis, 2013, 256 p.

    Selma, de Ava DuVernay, fait l’actualité cinématographique en dévoilant la lutte de Martin Luther King en faveur du droit de vote pour tous les citoyens américains. L’esclavage et le mouvement des droits civiques sont depuis peu portés à l’écran, comme l’explique Pap Ndiaye, dans l’interview accordée à Zéro de conduite : « Le sujet des droits civiques est récent dans le cinéma américain, il n’a pas beaucoup de place à Hollywood. Dans son film Le Majordome sorti en 2013, Lee Daniels revisite, à travers le personnage du fils du majordome de la présidence, l’histoire des droits civiques aux Etats-Unis. C’est la première fois qu’un épisode aussi important que les Freedom rides apparait à l’écran. La reconstitution par Ava DuVernay de la charge de la police sur les marcheurs pacifistes sur le pont Edmund Pettus de Selma, au-dessus de la rivière Alabama, est saisissante et n’avait jamais été montrée auparavant. [1]»

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  • Cabu, Charb, Tignous, Wolinski

    En souvenir de Cabu et des membres de la rédaction de Charlie hebdo assassinés en ce jour, quelques images de Cabu invité de l'émission [Decryptcult] il y a presque un an jour pour jour. 

     

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  • Entendre la guerre : la guerre, ça s'écoute ?

    "La guerre fut d'abord le triomphe du bruit, d'un bruit inouï au sens propre du terme, c'est à dire jamais entendu auparavant par tous ceux qui furent plongés dans le monde nouveau de la guerre industrielle. Or, on ne connaîtra jamais, on ne pourra jamais connaitre le bruit de la guerre en 1914-1918. De ce bruit, il n'existe aucun enregistrement". Ce paradoxe, souligné par Stéphane Audouin-Rouzeau ne laisse pas d’étonner, et il aura fallu cent ans pour que l'historiographie s'intéresse de plus prêt à cet inconnu que fut le fracas immense produit par la première conflagration mondiale.

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  • Un événement pédago : les boîtes du Musée français de la photographie

    Un travail considérable vient de s'achever sous la houlette de Julie Corteville au Musée français de la photographie (basé à Bièvres). Ce travail pédagogique a le mérite de jouer tant l'aspect interactivité en ligne que la diffusion matérielle de boites magnifiques. Il interroge une des formes historiques fondamentales de la photographie : le portrait, qui traverse les époques et les créations, de la photo amateur, à la diffusion presse en passant par le dispositif muséal. Définition, histoires, usages sociaux... voilà une entreprise importante pour tous les pédagogues.

    www.museedelaphoto.fr

     

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  • Les révolutions arabes. Une nouvelle génération de photojournalistes

    L'exposition Oeil pour oeil, 5 ans de Signature se poursuit encore pendant une dizaine de jours à l'Hôtel de Sauroy. Elle sera l'occasion d'une rencontre à laquelle est associé [Decrytimages] autour du regard porté sur les révolutions arabes en compagnie des photographes Bruno Amsellem et Johann Rousselot.

    Rendez-vous mardi 3 juin à 19h à l'Hôtel de Sauroy.

    Pour plus d'informations sur le festival : http://www.signatures-photographies.com/vitrine/fr/news/oeil-pour-oeil-5-ans-de-signatures

    Voir également le site du Musée français de la photographie qui co-organise la rencontre : http://www.museedelaphoto.fr/?p=3706

     

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L'Art au large, Jean-Hubert Martin

Interprétation des œuvres et pensée visuelle

Il est heureux que Flammarion ait rassemblé les textes importants de Jean-Hubert Martin (L'Art au large). Jean-Hubert Martin, comme Jean Clair, Pontus Hulten ou Harald Szeemann, ont affirmé une forme de création qui est la conception d'expositions. Nous savons qu'au XXe siècle des artistes (les constructivistes russes ou les surréalistes) ont su faire des présentations-manifestes, œuvres d'art en elles-mêmes. Avec les "installations", l'occupation de l'espace devient l'œuvre. Jean-Hubert Martin "interprète les œuvres" et les "place" pour en faire un parcours d'abord visuel qui "donne corps aux qualités cognitives du regard". À tous les décideurs voulant faire de l'exposition une "illustration" de leur goût ou de leur thèse électoraliste (imposant des thèmes souvent insipides comme la "paix"), ce livre donne des leçons. Avec modestie, cet homme inconnu du grand public, a su imposer en images et en objets des réflexions fécondes sur les différentes formes d'expressions esthétiques concernant des supports variés et les rapports entre différentes civilisations, dont Les Magiciens de la Terre est restée la plus célèbre entreprise.Dans la grande réévaluation nécessaire comme modèles sociaux de nos créateurs et de nos scientifiques, les plus brillants "commissaires" d'expositions --qui seraient plutôt des "concepteurs", des chefs-d'orchestres-- méritent une place éminente.

 

Affiche Ici et ailleurs

Ici, ailleurs

Cette manifestation et ce livre lancent "Marseille 2013" et la Friche de la Belle de Mai. C'est un mérite, quand le MUCEM, programmé depuis tant d'années, n'a su faire visiter que ses locaux vides à l'inauguration... Le principe de la manifestation (des artistes contemporains de tout le pourtour du bassin méditerranéen) est parfait pour cette ville et pour l'ouverture d'une ville européenne de la culture. Marseille est en effet clairement une passerelle euroméditerranéenne. Mais que penser de ce bilan ? Ce que beaucoup d'observateurs notent : l'internationalisation du marché de l'art provoque la convergence des méthodes et des formes. Les artistes, pour se placer dans cette bourse planétaire, adoptent les mêmes codes. C'est à la fois heureux, car les échanges sont facilités, et inquiétant, car souvent ces jetsetteurs du business de l'art sont en fait totalement déconnectés des sociétés locales.

 

Au creux de la main. La Médaille en France aux XIXe et XXe siècles

Enfin un livre sur les médailles !

La médaille apparaît aujourd'hui comme un objet un peu obsolète, peu spectaculaire, pour collectionneur de jadis. Ce fut pourtant un exceptionnel vecteur de création, comme le timbre-poste. Il n'a pas fallu moins de 7 institutions publiques françaises pour concevoir ce livre et ces expositions : Au creux de la main. La Médaille en France aux XIXe et XXe siècles. Pour celles et ceux qui travaillent sur les représentations, voilà donc un ouvrage indispensable. Il est juste à regretter qu'en dehors de l'article introductif d'Alain Weil, affirmant avec justesse l'intérêt esthétique des médailles, les contributions soient des histoires de collections et non une grande déclinaison thématique de ce que ces objets nous disent des évolutions de notre société et de son histoire.

 

L'imaginaire touristique

imaginaire touristique

Le tourisme est un phénomène planétaire si considérable et aux incidences et représentations si nombreuses qu'il devrait être un sujet majeur de recherches. Il a été étudié par des biais divers (photo amateur, travaux sur l'impact des musées et monuments...). D'un point de vue sociologique, Jean-Didier Urbain (qui a contribué au Dictionnaire mondial des images) nous a éclairé sur les vacances, la plage ou le touriste lui-même. Ne ratez pas l'ouvrage de Rachid Amirou L'imaginaire touristique aux éditions du CNRS. C'est un ouvrage puissant, ici réédité et complété, qui insiste sur les stéréotypes touristiques et l'invention des autres.