• L’histoire mondiale des images, s’initier en 10 étapes-repères

    Nous vivons désormais partout sur la planète dans l’ubiquité permanente entre ce que nous voyons directement et ce que nous voyons indirectement (généralement par écran interposé). Comment alors penser que ce monde des images n’ait pas transformé profondément le fonctionnement des sociétés humaines et les imaginaires individuels dans notre réalité locale-globale ? Voilà pourquoi, à tout âge, il est devenu primordial de se situer dans le déversement incessant de tout et n’importe quoi, d’images, textes et sons que nous ne savons pas qualifier. Les repères en histoire générale de la production visuelle humaine sont devenus ainsi la base de savoirs indispensables si nous voulons échapper aux sociétés du contrôle et à l’instrumentalisation pour des raisons commerciales ou idéologiques.  Au XXIe siècle, apprendre à voir est devenu un impératif civique, autant qu’apprendre à lire. Cette exposition apporte des repères dans le temps, dans l'espace et sur les supports d'images. Elle est la base de nombreux développements possibles et peut se compléter par le livre (disponible sur www.lulu.com).

    Cliquez ici pour demander l'exposition complète

    Lire la suite...

  • Carambolages : fertilité visuelle ou accident muséographique ?

    L’exposition lancée en mars 2016 au Grand Palais à Paris avec un catalogue-objet constitue un cas de figure passionnant. Nous l’avions évoquée avec son commissaire Jean-Hubert Martin dans l’émission [decryptcult]. Elle est en effet très révélatrice de beaucoup d’aspects concernant l’usage des expositions aujourd’hui comme celui de notre univers d’images et des pratiques de recherche et d’éducation.

    Lire la suite...

  • Mémoires en noirs et blancs

    Lila Quintero Weaver, Darkroom, mémoires en noirs et blancs, Paris, Steinkis, 2013, 256 p.

    Selma, de Ava DuVernay, fait l’actualité cinématographique en dévoilant la lutte de Martin Luther King en faveur du droit de vote pour tous les citoyens américains. L’esclavage et le mouvement des droits civiques sont depuis peu portés à l’écran, comme l’explique Pap Ndiaye, dans l’interview accordée à Zéro de conduite : « Le sujet des droits civiques est récent dans le cinéma américain, il n’a pas beaucoup de place à Hollywood. Dans son film Le Majordome sorti en 2013, Lee Daniels revisite, à travers le personnage du fils du majordome de la présidence, l’histoire des droits civiques aux Etats-Unis. C’est la première fois qu’un épisode aussi important que les Freedom rides apparait à l’écran. La reconstitution par Ava DuVernay de la charge de la police sur les marcheurs pacifistes sur le pont Edmund Pettus de Selma, au-dessus de la rivière Alabama, est saisissante et n’avait jamais été montrée auparavant. [1]»

    Lire la suite...

  • Cabu, Charb, Tignous, Wolinski

    En souvenir de Cabu et des membres de la rédaction de Charlie hebdo assassinés en ce jour, quelques images de Cabu invité de l'émission [Decryptcult] il y a presque un an jour pour jour. 

     

    Lire la suite...

  • Entendre la guerre : la guerre, ça s'écoute ?

    "La guerre fut d'abord le triomphe du bruit, d'un bruit inouï au sens propre du terme, c'est à dire jamais entendu auparavant par tous ceux qui furent plongés dans le monde nouveau de la guerre industrielle. Or, on ne connaîtra jamais, on ne pourra jamais connaitre le bruit de la guerre en 1914-1918. De ce bruit, il n'existe aucun enregistrement". Ce paradoxe, souligné par Stéphane Audouin-Rouzeau ne laisse pas d’étonner, et il aura fallu cent ans pour que l'historiographie s'intéresse de plus prêt à cet inconnu que fut le fracas immense produit par la première conflagration mondiale.

    Lire la suite...

Platé, Tsé et plateaux : étudier la mise en espace

 Dans l'étude des images, il est des catégories hybrides qui sont souvent oubliées. Le travail des scénographies de théâtre est de ceux-là. Certes, Chantal Meyer-Plantureux a eu le mérite de faire une thèse passionnante sur la photographie de théâtre. Aujourd'hui, Marie Binet a dirigé l'exposition à la Maison de l'Amérique latine sur le scénographe Robert Platé (de Buenos Aires à Paris, du groupe Tsé à la scène). L'exercice est difficile car les dessins préparatoires ne rendent pas compte de l'aspect monumental de ces architectures de l'apparence. De plus, les espaces d'exposition modestes, malgré les efforts de mise en espace et les vidéos, limitent le propos. Il faut compléter par le bel ouvrage qui offre des documents visuels précieux pour comprendre comment on passe de l'installation artistique à la scénographie.

L'appel du XXe siècle

Un nouveau phénomène frappe nos grandes institutions : le cadrage-débordement. Le Musée d'Orsay a été créé pour être le grand musée du XIXe siècle. Il en a certes évacué la dimension historique, qui laisse un manque dans le paysage muséal français. Le Louvre est le grand musée encyclopédique mais, traditionnellement, il ne traitait pas du XXe siècle dévolu au Centre Pompidou, hormis des interventions d'artistes contemporains, telle l'entrée très réussie d'Anselm Kieffer pour l'exposition De l'Allemagne.

une-exposition-a-ne-pas-louper

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire la suite
Oswald Heidbrinck : « Le Traître »  (paru dans le journal Le Rire n°9, 5 janvier 1895)

« Le Traître »

Laurent BIHL propose une analyse approfondie d'un dessin paru dans l'édition du 5 janvier 1895 du journal satirique Le Rire. Une occasion de revenir sur la stratégie éditoriale des journaux satiriques dans le contexte de l'affaire Dreyfus à partir du décryptage de la forme et de la force d'un dessin de presse qui relève selon l'auteur "de la plus traditionnelle imagerie politique" et qui "demeure l'un des marqueurs de l'affaire Dreyfus".

 

 

Atlas Mnémosyne, Aby Warburg

Un événement : l’Atlas Mnémosyne en français

Roland Recht vient de faire œuvre très utile en accompagnant la publication de l'ouvrage majeur d'Aby Warburg inachevé (éditions L'équarquillé). Warburg est en effet un peu oublié aujourd'hui. Pourtant, c'est lui qui inspire les essais d'iconologie d'Erwin Panofsky. On peut même dire que cet Atlas est l'ancêtre des Visual Studies américaines. Traverser les époques et les civilisations en cherchant une sorte de "grammaire" visuelle de base commune au genre humain relève d'un projet obsédant. Il se différencie cependant de l'histoire du visuel car, comme l'écrivait Michel Pastoureau dans le Dictionnaire mondial des images, des symboles identiques (les mains) ou des couleurs semblables peuvent avoir été utilisés dans des zones géographiques différentes et à des périodes différentes pour des raisons opposées. Il n'empêche que le projet humaniste du visionnaire Warburg reste captivant et émouvant. Central pour la compréhension des grands enjeux de l'histoire de l'art.

 

L'Art au large, Jean-Hubert Martin

Interprétation des œuvres et pensée visuelle

Il est heureux que Flammarion ait rassemblé les textes importants de Jean-Hubert Martin (L'Art au large). Jean-Hubert Martin, comme Jean Clair, Pontus Hulten ou Harald Szeemann, ont affirmé une forme de création qui est la conception d'expositions. Nous savons qu'au XXe siècle des artistes (les constructivistes russes ou les surréalistes) ont su faire des présentations-manifestes, œuvres d'art en elles-mêmes. Avec les "installations", l'occupation de l'espace devient l'œuvre. Jean-Hubert Martin "interprète les œuvres" et les "place" pour en faire un parcours d'abord visuel qui "donne corps aux qualités cognitives du regard". À tous les décideurs voulant faire de l'exposition une "illustration" de leur goût ou de leur thèse électoraliste (imposant des thèmes souvent insipides comme la "paix"), ce livre donne des leçons. Avec modestie, cet homme inconnu du grand public, a su imposer en images et en objets des réflexions fécondes sur les différentes formes d'expressions esthétiques concernant des supports variés et les rapports entre différentes civilisations, dont Les Magiciens de la Terre est restée la plus célèbre entreprise.Dans la grande réévaluation nécessaire comme modèles sociaux de nos créateurs et de nos scientifiques, les plus brillants "commissaires" d'expositions --qui seraient plutôt des "concepteurs", des chefs-d'orchestres-- méritent une place éminente.