Platé, Tsé et plateaux : étudier la mise en espace

 Dans l'étude des images, il est des catégories hybrides qui sont souvent oubliées. Le travail des scénographies de théâtre est de ceux-là. Certes, Chantal Meyer-Plantureux a eu le mérite de faire une thèse passionnante sur la photographie de théâtre. Aujourd'hui, Marie Binet a dirigé l'exposition à la Maison de l'Amérique latine sur le scénographe Robert Platé (de Buenos Aires à Paris, du groupe Tsé à la scène). L'exercice est difficile car les dessins préparatoires ne rendent pas compte de l'aspect monumental de ces architectures de l'apparence. De plus, les espaces d'exposition modestes, malgré les efforts de mise en espace et les vidéos, limitent le propos. Il faut compléter par le bel ouvrage qui offre des documents visuels précieux pour comprendre comment on passe de l'installation artistique à la scénographie.

L'appel du XXe siècle

Un nouveau phénomène frappe nos grandes institutions : le cadrage-débordement. Le Musée d'Orsay a été créé pour être le grand musée du XIXe siècle. Il en a certes évacué la dimension historique, qui laisse un manque dans le paysage muséal français. Le Louvre est le grand musée encyclopédique mais, traditionnellement, il ne traitait pas du XXe siècle dévolu au Centre Pompidou, hormis des interventions d'artistes contemporains, telle l'entrée très réussie d'Anselm Kieffer pour l'exposition De l'Allemagne.

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Oswald Heidbrinck : « Le Traître »  (paru dans le journal Le Rire n°9, 5 janvier 1895)

« Le Traître »

Laurent BIHL propose une analyse approfondie d'un dessin paru dans l'édition du 5 janvier 1895 du journal satirique Le Rire. Une occasion de revenir sur la stratégie éditoriale des journaux satiriques dans le contexte de l'affaire Dreyfus à partir du décryptage de la forme et de la force d'un dessin de presse qui relève selon l'auteur "de la plus traditionnelle imagerie politique" et qui "demeure l'un des marqueurs de l'affaire Dreyfus".

 

 

Atlas Mnémosyne, Aby Warburg

Un événement : l’Atlas Mnémosyne en français

Roland Recht vient de faire œuvre très utile en accompagnant la publication de l'ouvrage majeur d'Aby Warburg inachevé (éditions L'équarquillé). Warburg est en effet un peu oublié aujourd'hui. Pourtant, c'est lui qui inspire les essais d'iconologie d'Erwin Panofsky. On peut même dire que cet Atlas est l'ancêtre des Visual Studies américaines. Traverser les époques et les civilisations en cherchant une sorte de "grammaire" visuelle de base commune au genre humain relève d'un projet obsédant. Il se différencie cependant de l'histoire du visuel car, comme l'écrivait Michel Pastoureau dans le Dictionnaire mondial des images, des symboles identiques (les mains) ou des couleurs semblables peuvent avoir été utilisés dans des zones géographiques différentes et à des périodes différentes pour des raisons opposées. Il n'empêche que le projet humaniste du visionnaire Warburg reste captivant et émouvant. Central pour la compréhension des grands enjeux de l'histoire de l'art.

 

Affiche Ici et ailleurs

Ici, ailleurs

Cette manifestation et ce livre lancent "Marseille 2013" et la Friche de la Belle de Mai. C'est un mérite, quand le MUCEM, programmé depuis tant d'années, n'a su faire visiter que ses locaux vides à l'inauguration... Le principe de la manifestation (des artistes contemporains de tout le pourtour du bassin méditerranéen) est parfait pour cette ville et pour l'ouverture d'une ville européenne de la culture. Marseille est en effet clairement une passerelle euroméditerranéenne. Mais que penser de ce bilan ? Ce que beaucoup d'observateurs notent : l'internationalisation du marché de l'art provoque la convergence des méthodes et des formes. Les artistes, pour se placer dans cette bourse planétaire, adoptent les mêmes codes. C'est à la fois heureux, car les échanges sont facilités, et inquiétant, car souvent ces jetsetteurs du business de l'art sont en fait totalement déconnectés des sociétés locales.