la fin du Salut par l'image

MICHAUD Eric, la fin du Salut par l'image, Jacqueline Chambon, Paris, 1992
 

 

Ecrits de 1979 à 1989, les textes d'Éric Michaud ont pour objet la fonction salvatrice de l'image telle que les romantiques, après l'annonce de la "mort de Dieu", l'avaient réactivée. Trois séquences, Sauver, Unifier, Dévorer, esquissent l'histoire récente de cette fonction. Depuis la salut individuel de l'artiste (Delacroix) jusqu'au salut de "peuple" par l'art (Léger ou le Bauhaus), l'activité artistique aura décliné jusqu'à l'épuisement ses promesses de bonheur.

Après que Fontana eut voulu précipiter encore "la fin de Dieu" pour affirmer la liberté illimitée de l'art, après que Beuys eut répété une fois encore l'identification dévorante de l'esthétique au politique, tout mythe de rédemption et d'unification future semble avoir déserté l'activité artistique, qui s'expose comme pur désir de survie, ici et maintenant, selon l'immanentisme de la loi de la concurrence.